Mai 68 – Mai 2008 : liquidation avant fermeture ?
Collectif pour un appel à la Fête, à la réflexion, à l’expression et à l’avenir.
« Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes. Je veux tourner la page de mai 68 » (discours de Nicolas Sarkozy à Bercy, 29 avril 2007).
Mais dans quelle société vivrions-nous si mai 68 n’avait pas eu lieu ? Mai
68, ce fut l’ouverture et la libéralisation d’une société encore très largement paternaliste, répressive et bureaucratique.
Mai 68, ce fut un moment décisif pour l’émancipation des femmes, avec le développement du mouvement féministe et des revendications en faveur de la légalisation de l’avortement.
Mai 68, ce fut la reconnaissance des droits sociaux et politiques des étudiants, la réforme des universités et la fin du mandarinat.
Mai 68, ce fut une immense aspiration au pluralisme de l’expression politique, dans un pays où le pouvoir contrôlait directement l’information à travers l’ORTF.
Mai 68, ce fut une lutte des travailleurs pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail, sanctionnée par les accords de Grenelle et la création de la section syndicale d’entreprise.
Mai 68 a été la plus grande grève ouvrière dans l’histoire de la France et fut porteuse d’une volonté de transformation sociale et culturelle qui ne se limitait pas à une « révolution des moeurs ».
Chaque mouvement social a sa propre histoire. C’est aujourd’hui une autre histoire. Ou, plus exactement, la suite lointaine de la même. Mais il n’y a plus de « culture » de 1968. Ou alors il n’y a plus que cela, tant elle est devenue le bien commun de tous. Malgré tout, il subsiste quelque chose d’intemporel que 1968 n’a pas inventé, c’est l’esprit de révolte et le goût de l’utopie.
C’est pourquoi nous lançons un appel à l’ensemble des acteurs culturels, associatifs,
syndicaux, politiques à préparer, susciter, organiser, rassembler les initiatives du printemps 2008 autour de cet anniversaire. Les signataires de cet appel, regroupés dans le collectif
« Oser penser, oser parler, oser agir », lancent un appel à la Fête, à la réflexion, à
l’expression et à l’avenir.
Au fond, il n’y aurait qu’une seule et fidèle façon de se souvenir de 68 pour le prochain printemps. Celle que nous épargnerait une actualité
sociale et culturelle trop abondante
signer l'appel : ICI
