Au plan politique
Les accords de Grenelle
Une augmentation de 35 % du SMIC à 600 F par mois et de 10 % des salaires, la création de la section syndicale d’entreprise, actée dans la loi du 27 décembre 1968 et une quatrième semaine de
congés payés, sont entre autre conclues lors des accords de Grenelle, suite à des négociations menées en particulier par le jeune haut fonctionnaire Jacques Chirac, et la reprise du travail
s'effectue progressivement au début du mois de juin. La police et la gendarmerie évacuent au fur et à mesure les différents lieux occupés. Les événements ont causé la mort directe de cinq
personnes, à peu près au même moment: le commissaire de police René Lacroix, écrasé par un camion à Lyon, le gréviste de 24 ans Pierre Beylot, ouvrier à l'usine Peugeot de Sochaux Montbéliard
(Doubs), tué de deux balles, un autre gréviste de la même usine, Henri Blanchet, 49 ans, qui est déséquilibré par une grenade offensive, tombe d’un parapet et meurt le crâne fracturé, ou encore
le lycéen Gilles Tautin (17 ans), noyé dans la Seine après la poursuite par des CRS aux abords de l'usine de Flins (Yvelines) ainsi que Philippe Mathérion, 26 ans, dont on retrouve le corps au
petit matin sur barricade de la rue des Ecoles.
Dissolution de l'Assemblée nationale le 30 mai 1968
Les élections législatives de juin 1968 voient la très large victoire des gaullistes, regroupés dans le parti renommé pour l'occasion Union pour la défense de la République. On s'est beaucoup
interrogé sur ce retournement de la peur, tant les médias donnaient l'impression que la population penchait pour le mouvement étudiant. Au fond personne à gauche n'avait donné l'impression de
maîtriser ce qui se passait et la solution paraissait être provisoirement en dehors du mouvement, dans la stabilité institutionnelle.
Référendum sur la régionalisation et le rôle du Sénat du 27 avril 1969 et départ du général de Gaulle
Le général de Gaulle avait souhaité un référendum en mai 1968. Georges Pompidou avait plaidé et obtenu la dissolution de l'Assemblée nationale. De Gaulle ne renonce pas à son projet de
référendum. Il perçoit que mai 1968 a mis en exergue un besoin de démocratie plus direct et plus proche du peuple. Il imagine de décentraliser certains lieux de décision et de refonder le Sénat
en changeant profondément ses critères de recrutement. C'est l'objet de ce référendum. Il met tout son poids politique dans la balance en promettant de partir si les Français répondent « non ».
Le non l'emporte avec 52,41 % (80,13 % de votants, 77,94 % de suffrages exprimés). Comme il l'avait indiqué, le général de Gaulle part.
Au plan culturel, économique et social
D'une manière générale Mai 68 sera la plus
grande contestation de l'ordre existant. La singularité française sera le lien entre la contestation intellectuelle et le monde ouvrier. Mai 68 est une ouverture brutale de la culture française
au dialogue social et médiatique, qui s'infiltrera dans tous les rouages de la société et de l'intimité familiale, et une étape importante de prise de conscience de la mondialisation de la
société moderne (après les guerres « mondiales ») et de la remise en cause du modèle occidental de la « société de consommation ».
- L'une des principales influences de la révolution de mai 68 se situe au niveau socio-culturel, comme l'a reconnu François Mitterrand lors du 20e anniversaire de
mai 68.
On assiste à une désaffection des Français pour la sphère publique et politique et pour le militantisme en général. Ce sera sans doute le lit de la fin de la peur de la gauche au pouvoir en 1981.
Mai 68 est le chant du cygne du conflit « droite-gauche » qui n'existera plus que pour les partis politiques et les campagnes électorales.
Les événements de mai 1968 marquent une division politique qui a des répercussions dans la société française. Par exemple, le schisme de l'université des sciences humaines de Lyon II.
Actuellement, on situe parfois les personnalités politiques selon le « côté » des barricades où elles se situaient. Le qualificatif péjoratif de « gauchiste », créé par Lénine en 1920 (« La
maladie infantile du communisme »), entre dans le langage courant.
De nouvelles valeurs apparaissent. Elles sont notamment centrées autour de l'autonomie, la primauté de la réalisation personnelle, la créativité, la pluridisciplinarité et la valorisation de
l'individu impliquant le refus des règles traditionnelles de la société et la remise en cause de l'autorité. La redéfinition de nouvelles règles se construit autour de l'idée d'autogestion et du
communautarisme. Le concept d'autogestion sera concurrencé par celui de cogestion qui sera cher à Edgar Faure dans sa réforme de l'enseignement qui suivra et d'une manière générale très en vogue
dans les organisations politiques inquiètes de cette évolution jugée « anarchique ».
- La libération sexuelle est l'un des grands thèmes de Mai 68, corrélativement à l'arrivée des contraceptifs modernes. Le féminisme aussi se développe, avec son
mouvement le plus radical, le MLF, et joue un grand rôle dans l'implosion du militantisme traditionnel au profit de thèmes féministes comme l'autorisation de l'avortement, la remise en cause de
la répartition des tâches dans le couple (« Qu'est-ce qui est plus long : faire cuire le steak d'un révolutionnaire ou celui d'un bourgeois ? »), la « naissance sans violence ».
- La dénonciation des régimes communistes réformistes (l'Archipel du Goulag, le Cri des pierres) se confirme. Cette désillusion sur le communisme, juste après un engagement politique intense,
notamment des maoïstes et de l'extrême gauche qui apparurent un temps parmi les jeunes comme une alternative plus authentique, débouchera sur un pessimisme généralisé dans les milieux de gauche,
un auto-dénigrement systématique de tout ce qui a pu exister avant la Révolution de Mai.
- L'influence de Mai 68 est manifeste dans la pédagogie scolaire en France. De disciple, l'élève devient un sujet pouvant intervenir dans la pédagogie dont il est l'objet, c'est la coéducation.
La dimension de la parole libre, du débat, s'accroît. La discipline autoritaire fait place à la participation aux décisions. Les enseignants ont été parfois déstabilisés dans l'idée qu'ils se
faisaient de leur métier. On critiquera ensuite cette évolution jugée souvent trop permissive. Elle a aussi été à l'origine de la participation des élèves et des parents aux conseils de classe et
de la redéfinition des règlements scolaires dans les établissements dès juin 1968.
Dans le domaine économique et social
- le conflit de la société des montres « Lip », conduit par Charles Piaget du Syndicat CFDT, à Besançon en 1973, sera une illustration très médiatisée de cette
évolution, avec une expérience de mise en œuvre de l'autogestion de l'entreprise qui fera couler beaucoup d'encre.
- Cette influence aura aussi des conséquences en 1973 dans des mouvements de remise en cause de l'armée et de la force de frappe nucléaire et d'une manière générale dans les mouvements
écologiques (Brice Lalonde) et anti-militaristes (la lutte contre l'extension du camp militaire des jeunes paysans du Larzac, dont est issu José Bové, le courant de la Non-violence) et les
fameuses ONG comme « Médecins Sans Frontières » (Bernard Kouchner), directement issus de la prise de conscience planétaire des mouvements de Mai 68. C'est aussi la période de la naissance de
l'idée de « Halte à la croissance ? » (1972) titre d'une publication du Club de Rome fondé en 1968.
- Curieusement, si l'on en croit le magazine L'Expansion, le rythme annuel d'augmentation de la productivité « s'accrut » pendant les trois années qui suivirent Mai 68. Il est clair qu'avec la
victoire des gaullistes le 30 mai 1968 pour réprimer le mouvement de mai 68 et casser le mouvement, l'objectif politique n'allait pas dans le sens des revendications des manifestants contre qui
les gaullistes s'étaient livrés à un bras de fer.
Dans la presse
On peut noter l'enthousiasme de certaines plumes comme celle de Jacques-Arnaud Penent dans le journal Combat.
- Les chrétiens sont bouleversés par ces événements qu'ils perçoivent dans le sillage du Concile de Vatican
II.
L'encyclique Humanæ vitæ, publiée en juillet 1968, est surtout connue pour son refus de la contraception.
La communauté œcuménique des Frères de Taizé devient l'un des pôles structurant de ce bouleversement. Au début des années 1970, jusqu'à quarante mille jeunes, venus certes du monde entier, mais
beaucoup de France, se rassemblent autour d'eux chaque semaine de Pâques dans le petit village bourguignon de Taizé, qui compte d'ordinaire cinquante habitants. Chacun est invité à participer au
« Concile des jeunes ». On crée des « fraternités » dans le monde communiste, comme dans le monde occidental ou en Amérique latine, à l'image des premiers chrétiens et auprès des plus pauvres.
Ces extraits de textes de Taizé expriment le bouleversement chrétien en écho aux événements de mai 68 : « Le Christ ressuscité vient animer une fête au plus intime de l'homme », « Il va nous
donner assez d'imagination et de courage pour devenir signe de contradiction ». Ce « signe de contradiction » deviendra ultérieurement « signe de réconciliation ».
À cette époque s'amplifie également le mouvement des prêtres ouvriers et le mariage des prêtres. Surtout le nombre de pratiquants dans les églises occidentales traditionnelles va suivre une
décroissance considérable et traumatisante pour les responsables religieux.
- La fin des années 1970 a été appelée par certains (comme Gilles Lipovetsky) « l'ère du vide ». L'élection de François Mitterrand en 1981, sur le thème très mai 68
« Changer la vie », apparut comme une flambée d'espoir ou une crise de panique catastrophique, selon les courants, dans cette évolution politique en France. Mais cette attitude désillusionnée sur
la classe politique reprendra le dessus et est encore très présente de nos jours avec des prises de position critiques, mais une méfiance croissante vis-à-vis du militantisme
politique.
- 15 mai : Hoump'ff
Centre Culturel Jacques Tati - Amiens (80)
- 17 mai : Le Sonograph
Guise (02)
- 24 mai : Le Sonograph
Longueau (80)
- 25 mai : Le Sonograph
Creil (60)
- 25 mai : Journée Mai 68
Creil (60)
- 23 : Monologue du vagin
Palais des Rencontres - Château
Thierry (02)
- 24 et 25 mai : Les Festins Sonores (Festival Rock/Pop/Jazz)
Salle de la Renaissance
- Longueau (80)
- 30 Mai : Citroën Nanterre, Mai-Juin 1968
CSC Etouvie - Amiens (80)
- 31 mai : Ay Pepito de Xavier Lot
Salle de la Biscuiterie - Chateau-Thierry (02)
- 31 mai : Soirée DJ - Les Estropiés
Centre social de la Rotonde - Chateau-Thierry (02)
- 7 juin : Mordicus
Théâtre de la Mascara - Nogent l'Artaud (02)
- 14 juin : Coä Encore
Palais des Rencontres - Château Thierry (02)
- 19 juin : Les Monologues du vagin
Lycée Robert de Luzarches - Amiens (80)
- 16 Juillet : Hoump'ff
Centre socio culturel de Roye (80)
- 17 Juillet : Hoump'ff
Maison Pour Tous - Abbeville (80)
- Juillet : (programmation en cours)
Villers Cotterêts (02)
- Août : (programmation en cours)
Harly (02)
- 20 septembre : Les Monologues du vagin
Théâtre des Poissons - Frocourt (60)
28 avril au 25 juin
"Mai 1968 au travers d'un ouvrier amiénois"
cloître de l'oratoire, aux Archives
départementales de la Somme - Amiens (80)
23 avril au 17 mai
Exposition Mai 68 - Guise (02)
07 mai
Le travail social a-t-il changé depuis 68 ? - Débat - IRFFE - Amiens (80)
07 mai
Exposition Mai 68 - IRFFE - Amiens (80)
13 au 19 mai
"Mai 2008 comme un souffle"
BU de l'IPJV Pôle Cathédrale - Amiens (80)
20 au 25 mai
"Mai 2008 comme un souffle"
Restaurant universitaire - Amiens (80)
10 au 17 mai
Rencontres Citoy'Aisne
La Ligue de l'Enseignement - Guise (02)
25 mai
A Creil, Mai68 fête ses 40 ans
Place du 8 mai
26 mai au 3 juin :
Exposition Mai 68 - Association Valmy
Hotel des Feuillants - Conseil Général de la Somme - Amiens
(80)
11 juin
Journée d'études organisée par la revue "Les Mondes du Travail" - Amiens (80)
19 et 21 juin
"Mai 2008 comme un souffle"
Fête de section du PCF - Parc de la Hotoie - Amiens (80)