1 - Origine et les événements

Origine

Le mouvement du 22-Mars, prenant le relais de la contestation menée par de petits groupes tels les anarchistes et les Enragés de René Riesel, se fait connaître ce jour-là en occupant les locaux de l'université de Nanterre. Sa principale revendications est la protestation contre les arrestations opérées lors des manifestations contre la guerre du Vietnam, selon les historiens.

Le mouvement joue aussi de thèmes touchant à la vie de tous les jours, comme par exemple le droit d'accès pour les garçons aux résidences universitaires des filles. La figure de proue de ce mouvement se nomme Daniel Cohn-Bendit. Il devient le symbole de la remise en cause de l'autoritarisme. L'écrivain Robert Merle, prix Goncourt 1949 et professeur d'anglais à la fac de Nanterre, a consacré un roman entier à la journée du 22 mars et celles qui l'ont précédé. On y retrouve beaucoup de leaders de l'époque, ainsi qu'une bonne analyse des causes et rêves du mouvement.

Les archives de l'INA rendent compte d'un mouvement parti des universités et qui s'étend jusqu'aux usines, rassemblant à terme 10,5 millions de grévistes.

Les causes de ce mouvement sont diverses selon les analystes. Leurs analyses tournent à la fois autour de l'idée qu'une grande rigidité cloisonnait les relations humaines et les mœurs et de la constatation d'un début de dégradation des conditions matérielles après la période de reconstruction suivant la Seconde Guerre mondiale. Le mécontentement naissant dans le milieu étudiant sera relayé par celui qui se profilait depuis plusieurs années dans le secteur ouvrier. Ainsi, après la grande grève des mineurs en 1963, un nombre important de grèves se manifestent entre 1966 et 1967.

Les deux premiers syndicats français seront divisés sur le mouvement: la CFDT le soutient du début jusqu'à la fin. La CGT, d'abord hostile, prendra ensuite le train en marche, avant de s'y opposer à nouveau, lorsque des assemblées générales de jeunes ouvriers rejettent les accords de Grenelle en scandant « Ce n'est qu'un début, continuons le combat ».

Surtout dans l'Ouest du pays, récemment industrialisé, des ouvriers, des paysans et des étudiants s'organiseront en dehors des structures syndicales, dans des regroupements tels que les comités d'action, le Conseil de Nantes, le comité Censier, etc.

Les évènements

- Le 3 mai, la Sorbonne, occupée par des manifestants et risquant une éventuelle attaque des mouvements étudiants d'extrême droite (comme Occident) est évacuée par une intervention policière musclée : plusieurs centaines d'étudiants sont arrêtés, dont Jacques Sauvageot, le dirigeant du principal syndicat étudiant. Cette intervention des forces de l'ordre à la Sorbonne est très mal vécue par les étudiants qui se pensaient protégés par le statut universitaire. (voir la chronologie, ci-dessous, pour plus de détails)

- Les étudiants réagissent aussitôt par des manifestations violentes contre les forces de l'ordre : jets de pavés, puis barricades. Ces manifestations reprennent ensuite à l'annonce de peines de prison pour les manifestants, pendant lesquelles commencent à fleurir les slogans libertaires.
Le président du SNE-Sup (syndicat des enseignants du supérieurs), Alain Geismar, décide de soutenir les manifestants. Les membres du Parti communiste et des organisations d'extrême gauche sont d'abord pris de court (pour eux, la révolution est censée venir des ouvriers, et non des étudiants ; de plus, les revendications du mouvement du 22 mars leur paraissent « puériles » et « petit-bourgeoises » et surtout « gauchistes »). Après un moment de flottement, ils essayent toutefois de gagner les ouvriers à cette « révolte ». La CGT, pour sa part, ne les suit pas et son secrétaire général de l'époque, Georges Séguy, s'en explique devant les médias : « Cohn-Bendit qui est-ce ? Sans doute faites-vous allusion à ce mouvement lancé à grand renfort de publicité qui, à nos yeux, n'a pas d'autre objectif que d'entraîner la classe ouvrière dans des aventures en s'appuyant sur le mouvement des étudiants ». Mais la base de ces organisations traditionnelles de gauche dépasse leurs responsables.
Des grèves et occupations d'usine spontanées ont lieu jusqu'à mi-mai. La première a lieu à l'usine Sud-Aviation Bouguenais (Nantes) le 14 mai avec 2682 salariés. Le 22 mai, 10 millions de salariés ne travaillent pas (en grève ou empêchés de travailler). Les revendications sont à la fois traditionnelles (augmentation des salaires, meilleures conditions de travail) et nouvelles. Il s'agit en effet de revendications qualitatives (pour plus d'autonomie, responsabilité du salarié, forme de co-gestion des entreprises...).

Dans tout le pays, les portes s'ouvrent à n'importe quel citoyen, la parole se libère et devient pour quelques semaines la raison d'être des Français. Enthousiasmé ou catastrophé, dubitatif ou méditatif, chacun selon sa sensibilité participe ou observe. Des dialogues intenses se nouent dans les rues, entre inconnus, et à travers les générations.

L'un des symboles de ces lieux de débats est le théâtre de l'Odéon à Paris où l'on peut entendre s'affronter, dans des débats pris très au sérieux jour et nuit, quelques syndicalistes délégués de chez Renault, des ménagères du quartier, des étudiants, un groupe de jeunes de droite de Neuilly-sur-Seine venus en touristes, un autre groupe de lycéens d'une banlieue ouvrière, autres touristes, tel ou tel artiste célèbre, des professeurs, un conseiller municipal aux abois, un ou deux cadres d'entreprise catastrophés, pendant que dans les coulisses du théâtre, quelques échevelés de la libération sexuelle se livrent à des ébats spontanés et sans intimité.

À tout moment dans tel ou tel lieu de France, un militant de telle ou telle organisation, plus ou moins rompu à la dynamique de groupe en vogue, s'impose pour faire voter une « motion » en « assemblée générale » qui se perd dans un flot de tracts et achève parfois sa course dans un article de presse, si un journal peut paraître, suivant le destin d'une bouteille à la mer lancée à Maubeuge et ouverte dans l'Île de la Cité. On découvrira des attitudes personnelles surprenantes, comme celle du député Valéry Giscard d'Estaing allant seul à l'aube à la rencontre des ouvriers de Billancourt qui occupent leur usine.

- Le 13 mai une immense manifestation traverse Paris. Le syndicat CFDT parle d'un million de manifestants. La préfecture de police n'en concède même pas deux cent mille. La grève s'étend rapidement dans le courant du mois : c'est la première grève générale sauvage de l'Histoire. C'est aussi la première fois qu'une grève générale paralyse un pays parvenu au stade de la société de consommation. Le Parti communiste dénonce les manifestations étudiantes, où il voit une manipulation de l'extrême-gauche. Durant les affrontements du Quartier Latin de Paris, un manifestant est tué d'un coup de couteau.

- La population, face à la répression policière, a tendance à prendre fait et cause pour les étudiants, malgré les barricades et les destructions de dizaines de voitures et du mobilier urbain.

- Le chef de l'État, le général de Gaulle, en voyage officiel en Roumanie au début des événements, n'accorde initialement pas beaucoup d'attention à ces manifestations. Il laisse son Premier ministre Georges Pompidou s'en occuper : on dira de lui plus tard que "rares sont les hommes politiques, tel M. Pompidou, pour encaisser à ce point pendant les insultes". Celui-ci interrompt un autre voyage officiel en Afghanistan pour faire face à la situation. Il exige que les forces de police quittent la Sorbonne, afin de calmer la situation. On croit alors qu'il tergiverse et cède mais en réalité ce mouvement est tactique : il renverse les responsabilités sur les étudiants dont les excès perdent alors leur justification au regard de l'opinion (lettre citée par Raymond Aron dans ses Mémoires, p.667). De Gaulle reste à l'écart en se réservant la possibilité d'intervenir si besoin. Cependant, au plus fort de la contestation, de Gaulle disparaît pendant plusieurs heures, à la surprise générale. Cela plonge la majorité dans un certain désarroi. Il va consulter le général Massu en Allemagne, dans l'hélicoptère qui devait le conduire pour la fin de semaine à sa résidence de Colombey, afin de s'assurer du soutien de l'armée.

- Le Premier ministre Georges Pompidou propose de dissoudre l'Assemblée nationale pour organiser de nouvelles élections législatives[6]. Il estime avec justesse que le mouvement estudiantin, poursuivant la grève en dépit de l'accession à ses revendications, s'est rendu impopulaire. De Gaulle se range à cet avis et annonce la dissolution par la radio dans un discours bref qui change brusquement la donne (voir Charles de Gaulle pour quelques extraits). Mais ces jours porteront en leur sein le germe d'un refroidissement des relations entre Georges Pompidou et le général de Gaulle.

- Le 30 mai est organisée une marche de soutien au gouvernement, menée par André Malraux et Michel Debré. Elle réunit trois cent mille manifestants selon la préfecture de police et un million selon les gaullistes.

Les publications (pdf)

Calendrier Théatre, ciné.

- 15 mai : Hoump'ff
Centre Culturel Jacques Tati - Amiens (80)
- 17 mai : Le Sonograph
Guise (02)
- 24 mai : Le Sonograph
Longueau (80)
- 25 mai : Le Sonograph
Creil (60)
- 25 mai : Journée Mai 68
Creil (60)
- 23 : Monologue du vagin
Palais des Rencontres - Château Thierry (02)
- 24 et 25 mai : Les Festins Sonores (Festival Rock/Pop/Jazz)
Salle de la Renaissance - Longueau (80)
- 30 Mai : Citroën Nanterre, Mai-Juin 1968
CSC Etouvie - Amiens (80)
- 31 mai : Ay Pepito de Xavier Lot
Salle de la Biscuiterie - Chateau-Thierry (02)
- 31 mai : Soirée DJ - Les Estropiés
Centre social de la Rotonde - Chateau-Thierry (02)
- 7 juin : Mordicus
Théâtre de la Mascara - Nogent l'Artaud (02)
- 14 juin : Coä Encore
Palais des Rencontres - Château Thierry (02)
- 19 juin : Les Monologues du vagin
Lycée Robert de Luzarches - Amiens (80)
- 16 Juillet : Hoump'ff
Centre socio culturel de Roye (80)
- 17 Juillet : Hoump'ff
Maison Pour Tous - Abbeville (80)
- Juillet : (programmation en cours)
Villers Cotterêts (02)
Août : (programmation en cours)
Harly (02)
- 20 septembre : Les Monologues du vagin
Théâtre des Poissons - Frocourt (60)

Calendrier Expos, débats

28 avril au 25 juin
"Mai 1968 au travers d'un ouvrier amiénois"
cloître de l'oratoire, aux Archives
départementales de la Somme - Amiens (80)
23 avril au 17 mai
Exposition Mai 68 - Guise (02)
07 mai
Le travail social a-t-il changé depuis 68 ? - Débat - IRFFE - Amiens (80)
07 mai
Exposition Mai 68 - IRFFE - Amiens (80)
13 au 19 mai
"Mai 2008 comme un souffle"
BU de l'IPJV Pôle Cathédrale - Amiens (80)
20 au 25 mai
"Mai 2008 comme un souffle"
Restaurant universitaire - Amiens (80)
10 au 17 mai
Rencontres Citoy'Aisne
La Ligue de l'Enseignement - Guise (02)
25 mai
A Creil, Mai68 fête ses 40 ans
Place du 8 mai
26 mai au 3 juin :
Exposition Mai 68 - Association Valmy
Hotel des Feuillants - Conseil Général de la Somme - Amiens (80)
11 juin
Journée d'études organisée par la revue "Les Mondes du Travail" - Amiens (80)
19 et 21 juin
"Mai 2008 comme un souffle"
Fête de section du PCF - Parc de la Hotoie - Amiens (80)



 
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